Quels métiers pour les littéraires ?

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La baisse constante des effectifs de la filière littéraire illustre le manque de confiance classiquement attribué à des profils d'intellos et de rêveurs qui, incapables de compter, n'ont d'autres choix que l'enseignement. C'est pourtant faux !

La voie littéraire, comme ses consœurs économiques et scientifiques, dispense un large éventail de filières universitaires (lettres, histoire, histoire de l'art, langues, philosophie…), de classes préparatoires et de grandes écoles (Sciences Po, ENA…). Conséquence logique, n'en déplaise aux préjugés, les profils littéraires mènent à des centaines de métiers.

La diversité de la fonction publique

Premier employeur de France avec plus de 5 millions de salariés, la fonction publique offre de nombreux débouchés. Aux premières loges, on recense évidemment l'enseignement auquel on accède par concours après un master. Mais c'est un vaste monde ! Professeur des écoles, de collège, de lycée ou d'université, ce n'est pas la même chose. Sans parler du professeur de français langue étrangère (FLE) qui enseigne les bases de notre langue et de notre civilisation à des élèves non francophones, dans toutes sortes d'organismes, en France comme à l'étranger. Ce n'est là qu'une toute petite partie des effectifs de la fonction publique d'État à laquelle il faut ajouter la fonction territoriale qui regroupe les services des collectivités locales.
Dans un cas comme dans l'autre, parmi de nombreux métiers possibles, on peut citer le secteur « culture et patrimoine », accessible après des études d'histoire ou d'histoire de l'art. Une voie toute tracée vers les emplois de conservateur des monuments historiques, d'archiviste, d'architecte du patrimoine, de guide conférencier, d'animateur du patrimoine ou de restaurateur d'œuvres d'art… La gestion culturelle et touristique, la mise en valeur du patrimoine ou la mise en place de projets de préservation sont d'autres débouchés de ces filières, qui recrutent aussi bien côté public que dans le secteur privé.

Le marché de la rhétorique

À force de véhiculer des stéréotypes, on en finit par oublier certaines qualités essentielles des profils littéraires : une aptitude à l'analyse et à la synthèse, un sens critique aigu, une très bonne maîtrise de la langue française, une capacité à l'argumentation écrite et orale ou encore une organisation rigoureuse de la pensée. Autrement dit, une capacité supérieure à la moyenne à l'art de discourir. Or, cette compétence est requise dans les immenses secteurs de la communication, de l'information et de l'édition.
Pour valoriser l'image d'une entreprise, d'une collectivité ou d'une institution publique, les communicants, attachés de presse et autres chargés de rédaction doivent ainsi mettre en œuvre cette rhétorique, de même que l'éditeur et l'auteur qui usent des mots pour passer leur message et faire rêver leurs lecteurs. Le documentaliste, lui, collecte, trie et hiérarchise l'information avant de la transmettre à son entreprise alors que le journaliste poursuit ce travail en faisant appel à son sens critique afin d'alimenter le débat sur la scène publique et de faire réfléchir les consciences.
De la multitude de médias aux institutions, en passant par l'agence de publicité et toute entreprise ayant à cœur d'améliorer son image, c'est donc un abondant réseau professionnel qui sait apprécier la faconde et l'éloquence propres aux profils littéraires.

Bien que souvent plus précaire, un autre secteur de débouchés mérite enfin d'être noté : l'art. Qu'il soit plastique (peinture, sculpture…) ou appliqué (design d'espace, graphique…), qu'il mette en scène des personnes vivantes (théâtre, danse, musique…) ou des images (cinéma et audiovisuel), l'art est une passion essentielle à l'ouverture d'une société, que l'on se doit de cultiver.

Lien utile : http://mavoielitteraire.onisep.fr

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